Madame la Directrice de la Place du Souvenir africain,

Monsieur le Directeur du Livre et de la Lecture,

Monsieur l’Administrateur du Monument de la Renaissance africaine,

Chers écrivains,

Chers invités,

Le 17 Aout 2015, la Direction du Livre et de la Lecture a organisé, sous la présidence de Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication, une conférence de presse de lancement de la 15éme édition de la Foire internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar (FILDAK).

Deux mois plus tard, nous sommes ici réunis pour monter d’un cran dans la préparation de cet évènement majeur de notre agenda culturel national. Comme vous l’avez surement bien noté, c’est du 11 au 16 novembre 2015 que cet événement culturel et littéraire verra la participation d’écrivains, de critiques, d’universitaires, d’éditeurs, d’étudiants, d’élèves, pour des rencontres, fora, ateliers et activités d’animations autour du livre.

La rencontre de ce jour a le mérite d’indiquer que le cap est bien maintenu. En effet, en décidant de tenir un pré colloque sur le thème des ‘’valeurs dans la fiction romanesque’’, le Comité scientifique taquine le sujet de la leçon inaugurale qui sera délivrée à la cérémonie d’ouverture de la FILDAK par le Pr Abdoulaye Elimane KANE.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, à cet instant précis de mon propos de féliciter et de remercier toutes celles et tous ceux qui ont œuvré pour la réussite de cette belle initiative.

Le pré colloque que j’ai l’honneur de présider ce jour est non seulement une rampe de lancement sur le plan communicationnel mais aussi, un instant de communion entre le public et ces créateurs, ces artistes, ces virtuoses de la plume que vous avez choisi de fêter.

En choisissant comme thème de la FILDAK 2015: «Pour l’émergence, l’ancrage dans les valeurs citoyennes par le livre et la lecture», vous touchez du doigt la problématique de la réalité sociale et culturelle que vivent les Africains dans ce grand chaos qu’apporte en partie la mondialisation.

En effet, nous vivons dans un monde qui évolue de plus en plus et de manière très rapide avec toutes les conséquences positives comme négatives. Dans le bon sens, cette évolution a permis, par exemple, à l’Afrique de jouer sa partition dans le concert de la mondialisation en y puisant les éléments qui lui permettent de se développer du point de vue culturel et économique. Toutefois, elle subit les agressions extérieures et réagit difficilement à cause de la fragilité de certaines cultures. Là réside le risque de voir ces dernières submergées ou même anéanties. D’où la pertinence de la réflexion sur l’émergence.

 

Sans trop disserter sur un sujet qui sera abordé sous toutes ses coutures par le Pr Abdoulaye Elimane KANE, il suffit de marquer l’importance de la variable Culture avec Léopold Sédar Senghor qui aimait à rappeler que ‘’la Culture est au début et la fin du développement’.

 

Dans un tel contexte, le livre doit jouer son rôle pleinement « d’avant-gardiste » pour une meilleure connaissance, de la culture de l’autre devenant l’outil indispensable d’acquisition de savoir, de création, de conservation et de transmission des cultures. Porteur de valeurs, il constitue aussi et surtout une contribution à l’émergence du nouvel ordre économique, social et culturel. En un mot, le livre doit jouer son rôle pleinement «d’avant-gardiste» pour une meilleure connaissance, de la culture de l’autre.

Le grand écrivain russe Tolstoï disait que c’est la littérature qui a fait connaître son pays au monde. Par conséquent, le livre est le miroir de la vie. Il permet une cohabitation spirituelle, morale. Beaucoup de civilisations ont été connues, respectées grâce au livre. Il doit donc continuer ce rôle pour un monde de tolérance en favorisant l’acceptation d’une diversité culturelle, favoriser une interconnexion culturelle.

C’est en même temps un formidable outil de vulgarisation des savoirs, d’uniformisation des cultures et civilisations des sociétés du monde.

D’autre part, il permet l’affirmation et l’expression de la diversité culturelle un peu partout dans le monde. En tout état de cause, il est inscrit au cœur de la promotion de la culture, socle de l’émergence.

C’est ce qu’a compris la Direction du Livre et de la Lecture qui invite à la réflexion à travers la littérature.

Mesdames et Messieurs,

C’est parce que les écrivains présents ici ont porté et défendu ces valeurs que vous les avez choisis pour cette manifestation. Ils ont pour noms: Aminata Sow Fall, Mame Younousse Dieng, Mariama Ndoye, Ken Bugul, Fatou Diome, Amadou Bougar Sarr.

Ils ne l’ont pas été par hasard. Ils l’ont été parce que chacun d’eux a porté très haut le flambeau de la littérature africaine et sa culture. En effet, dans un discours lors de la Biennale des Lettres (1992), Mame Less Camara, éminent journaliste et politologue, affirmait que compte tenu «de la situation difficile que vivent  la plupart des pays africains, il est nécessaire d’avoir des «guetteurs». Ces hommes d’une sensibilité remarquable capables de prévenir les dangers qui assaillent notre continent».

Justement, ces créateurs illustrent parfaitement cette mission, cette stature morale et intellectuelle. En effet, ces noms évoquent tout le panorama de la littérature sénégalaise; ils traversent toute son histoire: de la pionnière à la nouvelle génération, des prémices à la maturité.

Vous les avez choisis aussi car ils ont dignement été honorés ces dernières années dans différentes sphères comme lauréats à différents prix internationaux. Leurs noms sont désormais inscrits vivants dans le Panthéon de la culture mondiale. Car ils sont porteurs de valeurs auxquelles nous devons nous agripper comme l’enracinement et l’ouverture, socles de l’émergence.

En réalité, la littérature c’est la vie, comme disait Simone de Beauvoir, car elle épouse les contours de l’existence d’un peuple, d’une nation. Elle en est le reflet. C’est la raison pour laquelle, rendre hommage à ces écrivains, c’est célébrer toute une nation. Ils en sont les hérauts et les héros.

C’est pourquoi, le Président Senghor avait mis en avant le développement culturel comme soubassement de celui économique.

Par conséquent chers écrivains, vous êtes des créateurs, porteurs de valeurs, «de lumière pour un peuple atteint de cécité» pour reprendre l’autre. Il faut que toute la génération actuelle s’approprie vos œuvres et en fasse un vade-mecum pour pouvoir résister aux assauts de l’extérieur et s’ancrer dans les valeurs qui font le ciment de notre Nation. Vous avez comme mission de «galvaniser le peuple pour le porter en avant», selon le mot de Cheik Aliou Ndao.

En même temps, vous êtes des repères et comme dit Cheikh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe: «Quand un repère bouge, tout le monde bouge». Vous méritez que la Nation vous dise merci

Chers invités,

Je voudrais terminer en remerciant tous ceux qui ont contribué à la conception et à la réussite de ce pré colloque : le Comité scientifique avec à sa tête Abdoulaye Racine Senghor, l’Association sénégalaise des Professeurs de français, partenaire de cette manifestation.

Je vous remercie tous de votre bienveillante attention. 

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