Excellence Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani, Présidente de la 38e Session du Comité du patrimoine Mondial,

Madame Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Excellences, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Monsieur le Directeur du Fonds Africain pour le Patrimoine mondial,

Honorables membres du Comité du patrimoine mondial,

Mesdames Messieurs les experts et partenaires du patrimoine africain,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Permettez-moi, avant tout, de remercier Son Excellence Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani, Présidente de la 38ème Session du Comité du patrimoine mondial  et à travers elle les autorités du Qatar pour la parfaite organisation de cette Session et l’accueil  tout aussi exceptionnel qui nous a été réservé. L’Afrique se réjouit également de la décision du Qatar de mettre, à la disposition de l’UNESCO, un Fonds spécial de 10 Millions Dollars pour les biens du patrimoine mondial en péril.

Permettez-moi aussi de remercier S.E Madame l’Ambassadeur Fatim Gueye, Délégué permanant du Sénégal auprès de l’UNESCO pour son leadership dans la défense des intérêts du continent dans ce Comité où, le moins que l’on puisse dire, est que l’Afrique est mal représentée, un État partie africain sur les  21 États parties composant le Comité du Patrimoine mondial.

Il ressort de ce constat, que la liste du patrimoine mondial qui est déséquilibrée, ce que nous savions déjà, a désormais un problème de gouvernance car le groupe le plus important y est presque absent ce qui est d’une extrême gravité pour une Convention qui revendique, à juste titre, le statut de  quasi universalité en terme de ratification avec 191 États.

C’est pour toutes ces raisons, Excellence Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani, Présidente de la 38e Session du Comité du patrimoine Mondial, Madame la Directrice générale de l’UNESCO, que cette rencontre est si importante pour l’Afrique et surtout la crédibilité de notre convention.

Il nous faut, en effet, plus que par le passé travailler à la rendre plus représentative, plus crédible, plus équilibrée, en un mot plus universelle.

Parmi les nombreux opérateurs de ces objectifs, il me plait de citer le Fonds Africain du patrimoine mondial qui, depuis sa création à l’initiative des délégués permanents africains à l’UNESCO a contribué, fortement, à endiguer le déséquilibre de la Liste du patrimoine mondial. Il a pu le faire grâce à l’appui de l’UNESCO qui en a fait un Centre de catégorie 2, ainsi que ceux de nombreux donateurs qui lui ont permis de travailler au renforcement des capacités, à la promotion des bonnes pratiques et à la préparation des dossiers de nomination dans de nombreux pays.

Je suis convaincu que Son Excellence Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani, Présidente de la 38e Session du Comité du patrimoine Mondial sera attentive à cette initiative particulièrement bienvenue et ne manquera pas d’apporter au Fonds Africain pour le patrimoine mondial tout son appui.

Je suis également certain que Madame la Directrice générale de l’UNESCO, qui connaît parfaitement le rôle décisif que joue ce Fond, poursuivra son appui et fera son possible pour le renforcement de l’Unité Afrique du patrimoine mondial qui doit demeurer un opérateur stratégique dans notre volonté partagée de mettre au point une liste du patrimoine mondial équilibrée, représentative et crédible.

L’Afrique apporte, certes, son appui au Fonds, mais il est encore insuffisant malgré les efforts remarquables de certains pays. Le Sénégal, pour sa part, prendra les dispositions nécessaires pour apporter sa contribution dans les meilleurs délais possibles.

Excellence Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani, Présidente de la 38e Session du Comité du patrimoine Mondial,

Madame Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Les défis auxquels est confronté le patrimoine mondial sont multiples et variés. Outres les périls traditionnels, liés généralement à gestion, nous avons des périls émergents liés aux guerres, aux changements climatiques et aux nécessaires aménagements de nos terroirs.

La Convention doit être attentive à ces évolutions afin de maintenir son leadership dans la gouvernance culturelle mondiale.

Je voudrai, à ce propos, insister sur le phénomène de l’érosion qui interpelle la planète entière. Si aucune zone côtière n’est à l’abri de ce phénomène, ses conséquences en Afrique sont  particulièrement inquiétantes, notamment le long du littoral Atlantique où aucune parcelle de terre n’échappe à la furie des eaux.

C’est malheureusement le cas à Gorée, ville du patrimoine mondial, qui risque de sombrer sous les eaux si des actions immédiates ne sont pas menées. Le Sénégal vient de terminer une étude d’impact très approfondie qui nous a permis d’évaluer, avec précision, l’ampleur de la menace et d’identifier les actions nécessaires à la protection de l’île.

Nous avons entrepris, sans tarder, des travaux de consolidation, mais il faudra beaucoup plus pour sécuriser ce patrimoine en partage.

Je viens ici plaider cette cause car cette Convention est une chose merveilleuse, elle est un de ces espaces de convivialité et de solidarité dont notre monde a grandement besoin.

Aidez nous à sauver Gorée avant que les mémoires de la Traite Atlantique ne soient englouties par le « Ventre de l’Atlantique ».

Merci de votre aimable attention

Fait à Doha, Qatar, le 20 juin  2014

Abdoul Aziz Mbaye

Ministre de la Culture et du Patrimoine du Sénégal

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